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Si vous regardez les vieux écrits sur l’utilisation du piment, vous verrez que c’est une plante médicinale qui a toujours été considérée comme très puissante.

Mais il demande une certaine délicatesse et précision en ce qui concerne les quantités à utiliser, et les situations dans lesquelles on peut l’utiliser. Parce qu’on peut vite basculer du bénéfique au problématique.

Dans cet article, je vous propose de passer en revue les propriétés médicinales de cette épice. Comme d’habitude, je vais vous faire un résumé qui inclut la tradition et les données scientifiques. Je vais aussi essayer de vous donner des clés d'utilisation.

La famille des solanacées

e piment est une annuelle (principalement) de la famille des solanacées, donc même famille que la tomate, l’aubergine, la pomme de terre ou le poivron.

Vous avez plusieurs plantes médicinales dans cette famille et de nombreuses sont assez puissante, certaines sont même rapidement très toxiques à faible dose. Par exemple la belladone ou la jusquiame. On peut très vite s’empoisonner.

Il est donc assez rare d’avoir une plante médicinale dans cette famille qui est facile à manipuler. Et puis vous avez le piment, qui est à la fois épice et plante médicinale, qui n’est pas forcément facile à manipuler, mais qui n’a pas non plus de toxicité aux doses traditionnelles.

Je vous ai dit que c’est une plante annuelle, mais en fait, vous avez aussi des piments qui sont bisannuels, et vous avez des piments qui sont vivaces dans les régions tropicales et subtropicales, c’est le cas de Capsicum frutescens. Mais chez nous, on va cultiver le piment comme plante annuelle.

La plante est très facile à introduire au jardin. Et vu que personnellement j’adore les épices, j’en cultive régulièrement.

Mais quels piments planter et utiliser exactement ? Ca c’est une bonne question ! Car ils ont chacun leur force. Certains sont relativement doux comme le piment d’Espelette, et d’autres sont définitivement trop épicés pour certaines personnes sensibles.

Piments sur l'échelle de Scoville

Pour arriver à y voir plus clair dans tous ces piments, nous avons un homme qui s’appelle Wilbur Scoville, pharmacologue américain, qui invente en 1912 l’échelle de Scoville qui est toujours utilisée aujourd’hui pour classer les piments par force.

Scoville a donné un score à chaque piment sur une échelle qui varie de 0 à 16 millions pour la capsaïcine pure. La capsaïcine étant la substance active qui donne au piment son goût chaud et épicé.

Voici une échelle simplifiée avec les piments les plus connus.

Unités Scoville

Produit ou variété de piment

100 000 – 325 000

Habanero (piment antillais ou piment cabri à la Réunion)

30 000 – 60 000

Pequin, piment oiseau

30 000 – 50 000

Piment de Cayenne

10 000 – 30 000

Serrano

5 000 – 16 000

Poivre blanc, poivre noir

2 500 – 8 000

Jalapeño

1 500 – 2 500

Piment d'Espelette

1 000 – 1 500

Poblano

100 – 500

Paprika doux, piments doux

0 – 100

Poivron

Pour choisir vos piments, c’est une échelle que je trouve très pratique et qui va vous permettre de moduler en fonction de votre tolérance.

Aujourd’hui, personnellement, le serrano ou le piment oiseau me conviennent très bien pour une utilisation médicinale. Je n’ai pas besoin de quelque chose de plus fort.

Parfois, vous n'aurez pas l’information lorsque vous achetez vos piments. Il faudra donc expérimenter avec les dosages. Nous allons d'ailleurs parler des préparations et dosages un peu plus bas.


Une utilisation très ancienne

La plante a une très ancienne utilisation dans les différentes traditions du monde.

Le piment était cultivé par les Aztèque sous le nom de Chili. Il est cultivé au Mexique depuis plus de 7000 ans.

On pense que le piment a été rapportée en Europe autour des années 1450 – 1500 par un certain docteur Diego Alvarez Chanca qui accompagnait Christophe Colomb dans ses voyages. Et il a très vite été inclus dans nos pharmacopées depuis cette époque.

C’est une plante de médecine ayurvédique, de médecine Kampo au Japon, de médecine traditionnelle Chinoise.

Mais pour faire quoi exactement ?

Bienfaits du piment sur la circulation

On commence par les propriétés cardiovasculaires.

Tout d’abord, le piment va avoir un effet qu’on appelle vasodilatateur périphérique, c’est-à-dire qu’il va créer une dilatation des artères et des artérioles qui alimentent la peau et les tissus. Ceci va créer une sensation de chaleur au niveau de la peau. Vous avez tout à coup un apport de sang vers le visage, vers les mains, les pieds. Et c’est un effet que l’on va utiliser pour se réchauffer lorsqu’on a pris froid.

Lorsque vous avez passé un long moment à l’extérieur dans le froid, le réflexe de votre corps est d’envoyer le sang vers l’intérieur du corps pour conserver la chaleur, pour éviter les pertes au niveau de la peau. Le résultat est que vous êtes peut-être complètement glacé lorsque vous rentrez chez vous et vous avez du mal à vous réchauffer.

Le piment va vous aider, justement en renvoyant le sang vers les extrémités froides. Vous pouvez rajouter une pincée de piment en poudre dans une infusion de thym par exemple, ou quelques gouttes de teinture de piment dans un chocolat chaud, c’est super bon si vous aimez tout ce qui est épicé ! Alors attention aux doses, on va en reparler plus bas car ce point-là est vraiment important.

Les médecins des années 1700 à 1800 utilisaient le piment pour stimuler les fonctions du cœur. Le médecin américain T.J. Lyle, par exemple, explique que le piment est le plus puissant et persistant des stimulants cardiaques. Il augmente la force de la circulation artérielle, il augmente le rythme cardiaque et son effet se fait sentir sur toute la circulation depuis le cœur jusqu’aux artérioles.

Donc lorsque le cœur est fatigué, chez la personne âgée par exemple, le piment peut devenir un outil intéressant, pourquoi pas combiné à l’aubépine ?


Piment et fièvre

C’est une plante que l’on peut utiliser pour accompagner une fièvre, pendant la première phase pendant laquelle on a très froid, on tremble, on a envie de se réfugier sous une couverture.

Là encore, on peut mettre un peu de piment une infusion de thym, c’est très bien. Cela va protéger les bronches et gentiment stimuler l’immunité tout en réchauffant. Dans le passé, c’était une plante qu’on utilisait lorsque la personne était dans cette phase de froideur et n’arrivait pas à passer à la phase transpiration.

En effet, lorsqu’il y a une fièvre, au bout d’un moment on veut voir une transpiration. C’est sain, c’est bon signe. Donc le piment peut aider à accompagner la personne jusqu'à ce point de transpiration lorsque la fièvre semble stagner.

Ensuite, lorsqu’on a chaud, que l’on transpire, que la fièvre a passé son pic, là on passe à d’autres plantes. Mais dans les premières phases, le piment est excellent.


Fait circuler le mucus

Il faut bien comprendre quelque chose : ce que vous voyez sur votre peau se déroule aussi sur vos muqueuses.

Si la peau transpire, c’est que la muqueuse respiratoire transpire aussi. En d'autres termes, le piment va stimuler la production de mucus, un mucus riche en substances immunitaires.

Lorsque les muqueuses sont complètement engorgées par un mucus qui est devenu trop épais, par exemple lorsqu’on a les sinus complètement bloqués lors d’une sinusite, le piment peut débloquer la situation.

C’est pour cette raison que je vous parle de préparations comme le cidre de feu dans mon programme sur l’accompagnement des problématiques hivernales, pour stimuler l’évacuation lorsque les sinus sont bloqués. Et entre parenthèses, la recette du cidre de feu est de Rosemary Gladstar, ce n’est pas ma recette, et je rends hommage, au passage, à cette grande dame des plantes médicinales.


Gorge et angines

On peut faire des gargarismes avec des préparations à base de piment pour les laryngites, les angines. Le piment se combine très bien avec la sauge dans ce contexte. Donc on peut rajouter un peu de piment en poudre dans une infusion de sauge par exemple et l’utiliser en gargarisme.


Hémostatique

Chose qui peut paraître peut-être un peu surprenante, le piment est utilisé comme hémostatique, c’est-à-dire qui freine les saignements.

On trouve cette utilisation dans de nombreux ouvrages, en particulier du côté anglais. Et je pense qu’il fonctionne de la manière suivante. Je me trompe peut-être, mais en tout cas ça me parle comme explication.

En fait, dès qu’une zone du corps est endommagée, il y a congestion sanguine autour de cette zone. C’est normal, c’est pour former une zone de protection, pour amener la circulation sanguine et le système immunitaire vers la zone.

Le piment, lorsqu’il est pris en interne, va créer une vasodilatation périphérique, c’est-à-dire qu’il va créer un appel sanguin dans toute la périphérie du corps, ce qui va décongestionner la zone et freiner les saignements. Du moins, c’est mon interprétation. Et c’est pour cela qu’on le voit, dans les ouvrages de Valnet par exemple, positionné comme anti saignements utérins.


Bienfaits du piment chez la personne âgée

C’est une plante intéressante pour accompagner la personne âgée.

Le docteur Felter, médecin américain, explique dans les années 1800 que le piment est excellent lorsque la personne âgée a une température corporelle faible, sa vitalité est basse. Elle est lente à réagir, elle a une digestion lente, des articulations raides et soulagées par le chaud.

Donc elle est dans un état de lenteur et de froideur.


Plante stimulante

Ce qui nous amène au profil du piment comme plante stimulante. Pas comme le café et certainement pas comme le Red Bull ????

Dans le monde des plantes, très souvent, lorsqu’on emploie le terme « stimulant », ce n’est pas pour décrire un effet coup de fouet, un effet excitant pendant 2 ou 3 heures, puis coup de pompe.

Ce qu’on entend par là, c’est une plante qui va stimuler le métabolisme, stimuler la production d’énergie dans les périodes pendant lesquelles on se sent fatigué, on se sent « froid », tout tourne au ralenti.

Et là on peut combiner le piment avec d’autres plantes stimulantes comme le romarin, comme l’angélique archangélique, le thym, l’origan. En médecine chinoise le piment réchauffe la rate et l’estomac, stimule l’appétit et améliore la digestion, donc nous permet de nous retaper lorsque la digestion tourne au ralenti et qu’on a du mal à obtenir les nutriments de la nourriture.


Plante digestive

Le piment stimule les sécrétions digestives et le péristaltisme intestinal – donc notre tube digestif produit plus de sucs digestifs, d’une manière assez large.

Les études confirment que la bouche produit plus de salive, le foie produit plus de bile, le pancréas produit plus d’enzymes digestives, l’intestin grêle aussi (1). Et tout le tube se contracte d’une manière plus tonique.

Donc excellente plante digestive. En revanche il faut savoir bien la positionner, elle n’est pas pour tout le monde mais elle est très bien chez la personne qui a une digestion lente, des ballonnements, avec une sensation de froid sur la digestion. Une personne qui digère mieux lorsqu’elle met une bouillotte sur son ventre, qui a toujours tendance à avoir les extrémités froides.

Le point commun de tous ces états, je pense que vous l’avez compris, c’est la lenteur et la froideur. À l’inverse, chez la personne qui a un bon métabolisme, qui a plutôt tendance à avoir chaud, ce n’est pas la bonne plante.


Plante amaigrissante ?

Parlons maintenant de la perte de poids, parce que l’on va vous vendre le piment comme « la plante miracle qui va vous faire perdre vos kilos ».

Que nous dit la science ? En fait, la science confirme un effet positif. Pas miraculeux, loin de là, mais un effet positif au travers de différents mécanismes (2) :

  • Augmentation de l’oxydation des graisses ;
  • Augmentation des dépenses énergétiques ;
  • Réduction des niveaux de ghréline, l’hormone qui régule la sensation de faim ;
  • Réduction de la glycémie sanguine et augmentation de la sensibilité de nos cellules à l’insuline.

Donc effectivement, lorsqu'on regarde tous ces effets, on se dit qu’il y a quelque chose d’intéressant ici.

Là où personnellement je décroche, c’est qu’on va présenter le piment comme la plante miracle pour perdre du poids et qu’on va nous vendre des petites gélules avec des formulations très farfelues, et on va mettre dedans tout ce qui peut faire perdre du poids – thé vert, guarana, piment, café vert, du chrome, on secoue et ça fera 50 € la boîte.

De plus, il faudrait prendre le piment tous les jours pendant une longue durée, chose qui me paraît très problématique lorsque la personne n’a pas le profil adapté pour le piment, c’est-à-dire froideur, lenteur digestive, mauvaise circulation.

Modifier notre métabolisme avec un agent externe, d’une manière un peu artificielle, sur le long terme, lorsqu’on n’en a pas besoin, c’est perturber l’équilibre naturel des choses, souvent pour ne pas remettre en question nos habitudes de vie : alimentation, gestion du stress et du sommeil, gestion de l’activité physique.

Ceci étant dit, lorsqu’on rentre dans des conditions plus pathologiques de surpoids, là je pense qu’il faut se donner un panel d’outil le plus large possible pour débloquer la situation, en supposant qu’on remette en cause toute l’hygiène de vie bien sûr, ça ce n’est jamais optionnel.


Bienfaits du piment en externe

En ce qui concerne l’utilisation en externe, c’est une plante très intéressante.

Les capsaïcinoïdes, cette famille chimique qui contient la capsaïcine, ont un effet anti-douleur bien connu, une action qui se déroule par contact et qui va interférer avec la substance P, une molécule que notre corps utilise pour envoyer le signal de douleur au cerveau.

Nous avons des études sur les douleurs du zona. Il va plutôt agir sur les douleurs résiduelles du zona, car pour une crise aiguë, il a un peu de mal à être vraiment efficace.

Il agit sur les névralgies du trijumeau, les douleurs de l’arthrose, en fait toute inflammation et douleur qui touche les nerfs (sciatique, neuropathies diabétiques, etc.) ou les articulations. Et on peut rajouter les muscles aussi, douleurs musculaires, contractures, lumbagos, etc.

Il agit comme analgésique, mais il amène aussi la circulation vers la zone pour l’aider à mieux se réparer, et ça c’est important.

Pour les douleurs chroniques, je vous donne la clé d’utilisation : personne qui a envie et besoin de chaud pour calmer ses douleurs. Si la personne est plutôt soulagée par une application de froid, c’est un signe que le piment n’est pas adapté.

Autre clé d’utilisation : si la zone est rouge et enflammée, si on est dans une situation aiguë, le piment en application locale va plutôt aggraver les choses et amener la circulation dans une zone qui est déjà rouge et engorgée. Par contre, si on est rentré dans le chronique, dans la froideur, là c’est intéressant de ramener la circulation vers une zone qui en a besoin.

D’une manière générale, pour la prise en interne, si la personne est plutôt de constitution chaude, c’est-à-dire que la personne a toujours chaud, elle transpire facilement, elle a le teint rouge et a souvent soif, on va éviter le piment.


Formes et dosages

Pour les formes à utiliser, pour la prise en interne vous avez le piment sec forme poudre qui est facile à doser. On peut en rajouter une pincée dans les infusions par exemple. On peut faire plus dosé sous forme de gélules et on peut faire entre 200 et 600 - 800 mg de piment en poudre par jour en commençant toujours par la dose la plus faible pour voir s’il est bien toléré.

Vous avez la teinture, c’est-à-dire la macération du piment dans de l’alcool. On peut utiliser du piment sec et en poudre, cela fonctionne très bien. On utilise un alcool le plus fort possible pour bien extraire les capsaïcinoïdes, si possible à 80°, de consommation et non dénaturé bien sûr, sinon un rhum de supermarché à 55° faute de mieux.

La teinture se rajoute aux infusions à raison de quelques gouttes, ou on peut la diluer dans un peu d’eau. Au-delà de ces petites doses, il est compliqué de faire plus dosé car là on va devoir sentir le goût chaud en bouche contrairement aux gélules.

On peut en faire un vinaigre aussi, qui va être beaucoup moins fort que la teinture, donc un peu plus facile à utiliser et on peut aussi le diluer dans de l’eau pour la prise.

Maintenant, point important, la philosophie d’utilisation du piment. Ce n’est pas une plante qu’on va utiliser seule. On va la rajouter à des formulations, à des mélanges. On va aussi essayer de créer un effet réchauffant qui reste agréable, qui ne brûle pas, mais qui chauffe bien. Et là tout va dépendre de la tolérance de la personne. Donc il va falloir expérimenter avec les dosages.

Pour l’application externe, vous pouvez faire un macérat huileux. Je recommande fortement la méthode par intermédiaire alcoolique que je vous donne sur mon site, pour bien extraire les capsaïcinoides. Vous pouvez ensuite en faire un onguent ou une crème si nécessaire.

Dans le commerce, vous trouverez aussi des pommades qui sont standardisées en capsaïcine, ce qui est une forme assez pratique (si vous arrivez à trouver une crème sans trop d’excipients douteux). Vous pouvez aussi mélanger un peu de teinture à du gel d’aloe vera dans le creux de votre main, puis vous appliquez à l’endroit voulu.

Attention aux yeux, attention aux muqueuses, ça brûle. Lavez-vous bien les mains après l’application.


Précautions

En ce qui concerne les précautions à prendre :

● On vous dira qu'il est contre-indiqué si vous avez des ulcérations digestives. Ce que la science nous dit, aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse.

Le piment inhibe la croissance de l’Helicobacter et permet une meilleure réparation des ulcérations gastrique, quelque chose qui a été bien démontré dans les études faites sur animaux. Ce qui nous fait dire que le piment est probablement bénéfique dans le contexte de l’ulcère gastrique.

En revanche, personnellement, je n’ai pas de recul sur le sujet. Donc je vous dirais d’être plutôt prudent et de vous fier à votre ressenti. Si vous voulez le tester, introduisez-le d’une manière très graduelle et de voir si cela vous réussit ou pas. Mais franchement, basé sur toutes les études que j’ai pu éplucher, le piment n’est pas une cause d’ulcère gastrique comme on disait avant, c’est plutôt l’inverse.

● Pour le dosage, dosez pour ce cela reste agréable, on n’est pas dans un esprit de torture ici

● Malgré les bienfaits du piment, certaines personnes sont très sensibles au piment et donc il peut créer un inconfort digestif, des diarrhées

● Certaines personnes peuvent faire une réaction allergique de type urticaire, c’est rare mais ça peut arriver

Pour la petite histoire, on a utilisé des préparations à base de piment pour empêcher les enfants de se ronger les ongles. Donc je suppose qu’on badigeonnait une préparation à base de piment sur l’ongle, ce qui me parait un peu cruel, mais on voit comment ça peut fonctionner effectivement!


 17 janvier 2020 par